Explosion

Vous trouvez ça normal ? Vous trouvez ça normal, quatre mois – même pas – après que des attentats aient semé la terreur dans la capitale. Après la mort de plus de 15 personnes, après que la liberté ait été molestée. Que des journalistes et des militantes soient violentés, insultés par des adhérents au soi-disant premier parti de France ? Je vous arrête tout de suite, il n’est pas question ici d’une leçon de morale la main sur le cœur. Mes paroles sont peut-être des pixels, tracés d’un tapotement furtif sur un clavier, mais je ne les veux pas, et je ne les crois pas, vides de sens. Je ne sais pas ce que sont ces mots. La seule chose que je sais c’est que je suis en colère. Que j’ai presque autant de haine dans mon être que ceux qui ont frappé en ont dans leurs cœurs. Ces gens là montrent une telle violence, une telle colère, qu’ils font voler en éclat toutes les valeurs des autres. Quand un non-violent voit ce genre de choses il veut poser une bombe. Les plus tolérants se perdent dans la subjectivité des opinions. Ceux qui veulent désespérément combattre autrement veulent combattre comme eux. Comme des brutes dépourvues d’idées, de culture, et de bienfaisance. Il va falloir que vous finissiez par le comprendre. Adhérer au FN c’est accepter ça. Le FN, C’EST ça. Ceux qui ont frappé n’avaient pas forcément la carte du parti, ou peut-être que si. Mais ils étaient là, tolérés, acceptés, fondus dans la masse. Et ils ont frappé. Et dans toute cette masse de gens, dont certains défendent avec conviction qu’ils ne sont pas racistes ou intolérants, personne n’a bougé. Enfin si, le service d’ordre, qui a su, malgré ses opinions politiques, accepter de défendre des hommes et des femmes qui pouvaient porter préjudice à leur cause. On peut être en désaccord avec leurs idées, c’est mon cas, mais nous devons reconnaître qu’ils ont fait leur travail, qu’ils ont défendu les victimes avant de défendre leurs idées. Mais les autres ne sont rien. Ils ne sont rien, les crânes rasés qui ont asséné des coups, qui ont hurlé à la victoire sur un balcon alors que dans une chambre d’hôtel dont la porte avait été forcée leurs compagnons s’attaquaient à des femmes à moitiés nues. Nues pour la liberté, nues pour la politique, nues pour leurs idées. Nues dans la provocation, mais pas nues dans la violence. Les crânes rasés ne sont rien. Marine Le Pen n’est rien. Son père, qu’elle rejette soudainement comme se rendant compte d’une complexe d’Electre qui traîne depuis trop longtemps, n’est rien. Sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, n’est rien. Bien sur, ils sont quelque chose en tant que figures socio-politiques. Mais humainement, ils ne sont rien. Parce qu’ils n’assument pas le désordre, parce qu’ils n’assument pas leur échec. Que devant tant de pagaille ils manipulent les images pour en faire des pépites de bonheur et de pouvoir politique. Qu’alors qu’à ses pieds, qu’en dessous de l’estrade qui supportait son culte de la personnalité, la foule était déchirée par les coups, Marine Le Pen n’a pas bronché. Continuant, alors que son député européen frappait comme un vieux fou des journalistes à coups de parapluie, à affirmer qu’il faut quitter l’Europe et l’espace Shengen. Quand ses militants se lancent dans leur petite guerre de miliciens, Marine Le Pen parle insécurité. Marine Le Pen parle pendant de longues minutes sous sa foule en délire, loin, très loin, juchée au-dessus de la réalité qu’elle connaît mais qu’elle décide de ne pas voir. Mais elle est trop loin, qui peut la blâmer. Ces gens là ne sont pas de ses rangs, se sont des parias, des marginaux. Et pourtant, elle a se besoin d’être au-dessus d’eux, pour faire croire qu’ils lui sont étrangers. Nous devons voir au-delà de cette image. Comprendre qu’avec le Front National, ce sont ces fascistes, ces militants de partis qui étendent dans la rue, aux yeux de tous, au nom de la liberté d’expression, des insignes fascistes ; qui prendront le pouvoir. Les montée des extrêmes leur construit une légitimité, leur donne le droit d’exister. Le Front National arrose et fait grandir les ronces que sont ces extrémistes. Le Front National fait de ces plaies une gangrène. Alors aujourd’hui, juste pour aujourd’hui et pour après si vous voulez, arrêtons d’être politiquement corrects, arrêtons même d’être réfléchis et ouvrons les yeux sur ces simples choses. Sur une simple chose : ce n’est pas normal.

Je n’ai pas envie de poster cet article. Parce qu’il est subjectif, construit sur une opinion. Mais j’assure qu’il a été pensé, bien avant, longtemps. Il ressort ainsi parce qu’il n’y a plus que l’explosion comme façon de s’exprimer. Parce qu’il vaut mieux faire exploser des lettres que faire exploser des têtes.

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