Je suis du sexe faible mais je me soigne

Les journées mondiales, de nos jours, c'est un peu comme les lapins : tu commences avec deux, puis t'en as trente, et bientôt, sans t'en rendre compte, tu en as une bonne centaine, qui copulent, qui font caca partout, qui grignotent les rideaux et qui au final ne servent à rien, parce que le civet ça va cinq minutes mais au bout d'un moment ça devient écoeurant et que les fourrures c'est un coup à se faire lapider par les défenseurs des droits des animaux. Et pourtant, au milieu de toutes ces journées mondiales, il y en a quelques unes qui ressortent et qui servent vraiment à quelque chose, et notamment aujourd'hui, le 8 mars, qui est la journée mondiale de la femme. Une bonne occasion pour afficher au grand jour son féminisme !

Je suis du sexe faible mais je me soigne

Je ne m'habille pas comme un mec, et je suis féministe.

Je ne déteste pas les mecs, et je suis féministe.

Je ne suis pas une rageuse chiante, et je suis féministe.

Je porte des robes, et je suis féministe.

Je fais la cuisine, et je suis féministe.

Je fais le ménage, et je suis féministe.

Je suis croyante, et je suis féministe.

Je suis athée, et je suis féministe.

Je suis féminine, et je suis féministe.

Je suis du sexe faible mais je me soigne

Pourquoi, est ce que j'écris des trucs comme ça ? Parce que le féminisme n'est pas l'affaire d'un seul groupe de femmes. Les féministes ne sont pas seulement ces femmes qui se donnent une apparence masculine et prennent les hommes pour les ennemis. Les féministes ne sont pas des femmes chiantes qui gueulent parce qu'elles ont leurs règles. Les féministes sont des femmes qui demandent les simples droits fondamentaux à tout homme : la liberté et l'égalité. La liberté, certaines, finalement peu nombreuses, l'ont mais ce n'est pas assez. L'égalité, aucune de nous ne l'a parce qu'en Occident nous avons toujours des salaires plus bas que ceux de nos collègues masculins, que l'accès aux postes stratégiques nous est plus compliqué, que les sexistes se comptent encore par milliers. Au Moyen-Orient parce que les femmes ne sont pas libres de leurs mouvements, de leurs choix et de leurs destinés.

L'appel au féminisme ne demande pas forcément d'entrer dans un groupe tel que les Femen ou Ni pute ni soumise, mais simplement de remarquer et de dénoncer, même dans un cercle restreint, les actes de machisme ou les preuves flagrantes d'inégalité et d'irrespect envers les femmes. Le féminisme, ce n'est pas se battre pour qu'on empêche les hommes de nous appeler mademoiselle - mot très sympathique de mon avis personnel - mais qu'on empêche les hommes de nous appeler "leur" jolie dans la rue, de nous mettre la main au cul, et de nous traiter de pute ou de salope quand on décide de les ignorer.

Je suis du sexe faible mais je me soigne

Le féminisme, c'est tout simplement refuser ce qui n'est pas normal. Refuser que des textes religieux écrits par des hommes et réinterprétés à volonté dictent aux femmes de se soumettre à leurs seigneurs et maîtres masculins. Refuser d'être vues comme plus faibles physiquement parce que nos pectoraux sont couverts par des seins. Refuser d'être jugées coupables des agressions verbales et/ou physiques de la part des hommes dont nous sommes victimes. Refuser de viser moins haut. Refuser d'être mères si tel est notre désir. Refuser de n'être que des êtres sensibles et pas intelligents. Refuser tout ce qui fait qu'il existe une différence entre un homme et une femme.

Au final, le féminisme, c'est avoir des couilles, c'est être un mec quand il le faut, c'est dire des gros mots comme les hommes, c'est marcher la tête droite, courir, porter des trucs lourds, lire, écrire, travailler. Le féminisme c'est décider de vivre comme un être humain avant de vivre comme une femme, et c'est ce qui en fait le combat le plus justifié de tous.

Quand à vous messieurs, nous vous aimons. Quand vous êtes polis, bien éduqués, nos égaux et si vous savez agir... "comme une femme" !

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